Mon histoire avec le syndrome de l’intestin irritable et le régime FODMAPs
Julie Delorme Diététicienne-Nutritionniste colopathe, experte en Syndrome de l'intestin irritable et régime FODMAPs

Mon histoire avec le syndrome de l’intestin irritable et le régime FODMAPs

J’avais 18 ans quand le diagnostic de la « colopathie fonctionnelle », aujourd’hui appelée syndrome de l’intestin irritable, a été posé, mais j’ai commencé à souffrir de problèmes gastro-intestinaux dès l’âge de 16 ans.

Au fil des années, mes symptômes sont devenus quotidiens et m’ont beaucoup perturbée dans ma vie d’adolescente et de jeune adulte. Pour couronner le tout, je me sentais incomprise par mon entourage et mes médecins qui minimisaient cette maladie et accusaient « ma tête » d’en être la responsable. J’étais désespérée. Refusant d’appliquer le fameux précepte du « il faut vivre avec », j’ai passé des milliers d’heures plongée dans les livres et sur Internet et j’ai consulté de nombreux professionnels à la recherche de solutions pour soigner ce mal qui me gâchait la vie. J’ai pris des antispasmodiques, des antidiarrhéiques, des laxatifs, des antidépresseurs, des traitements homéopathiques. J’ai fait une psychothérapie, de l’acupuncture, de l’ostéopathie. J’ai vu un magnétiseur. Puis je me suis tournée vers les compléments alimentaires, les probiotiques et les remèdes phytothérapeutiques et homéopathiques. Rien ne me soulageait vraiment.

Entre la survenue de symptômes et la peur d’en avoir, je luttais tous les jours pour tenter d’avoir une vie normale. Tout était compliqué : sortir entre amis, voyager, faire des rencontres amoureuses, suivre des études et travailler.

J’ai continué mes investigations et je me suis tournée vers l’alimentation. J’ai donc pris soin de bien équilibrer mes repas, j’ai évité les crudités, les choux, les légumineuses, le café. Toujours rien de probant. Alors j’ai entrepris plusieurs régimes : d’abord sans résidus, puis sans gluten et sans produits laitiers, enfin, j’ai évité de manger plus de quarante aliments qui étaient ressortis sur mon bilan d’intolérances au IgG. Rien non plus. Or, en 2009, à l’âge de 31 ans, je suis tombée sur une étude clinique publiée dans une grande revue scientifique médicale d’une équipe de chercheurs australiens, dirigée par le Docteur Sue Shepherd, prouvant l’efficacité d’un certain régime pauvre en FODMAPs.

Je l’ai suivi et au bout de quelques semaines : mes symptômes ont, en dehors d’événements stressants, pratiquement disparu.

Cela a révolutionné ma vie.

J’ai pu enfin sortir, faire des activités ou voyager normalement et j’ai changé de métier. Alors que j’étais chef de produits marketing dans un laboratoire parapharmaceutique, j’ai tout plaqué pour devenir diététicienne-nutritionniste et je me suis consacrée exclusivement aux maladies et troubles digestifs.

J’ai donc repris mes études et je suis partie me former au régime FODMAPs plusieurs mois aux côtés du Docteur Sue Shepherd à Melbourne, en Australie. À mon retour, j’ai ouvert le premier cabinet de diététique et nutrition français spécialisé en troubles digestifs et intolérances alimentaires, notamment en FODMAPS.

Aujourd’hui, je suis toujours autant passionnée par mon métier. La plus grande récompense est de pouvoir aider mes patients à retrouver, eux aussi, un bien-être digestif et une meilleure qualité de vie.

Le régime pauvre en FODMAPS a prouvé maintenant son efficacité pour soulager les ballonnements, les excès de flatulences, les douleurs abdominales, la diarrhée, la constipation et même la fatigue liés au syndrome de l’intestin irritable, seul ou associé à des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, à l’endométriose et aux coliques du nourrisson des bébés allaités. Je le constate tous les jours avec mes patients.

Si vous êtes concerné(e) par une de ces problématiques, le régime pauvre en FODMAPs peut être aussi votre solution. Or, l’unique moyen de savoir s’il est efficace sur vous est de faire l’expérience sur vous.

Vous faire accompagner par un diététicien-nutritionniste spécialisé vous permettra de vous donner les bonnes informations (beaucoup de fausses informations circulent sur le régime FODMAPs surtout sur internet), d’adapter ce régime à vos habitudes alimentaires, d’éviter les pièges, connaître les astuces, de vous aider à réélargir ce régime tout en précisant quels aliments vous ne tolérez pas au sein des grandes familles de FODMAPs et de vous donner des conseils complémentaires si nécessaire.

Plus d’informations sur www.delormenutrition.com

Cet article a 3 commentaires

  1. Katibel

    Bonjour et merci pour toutes les informations contenues dans ce blog sur l’intestin irritable.
    Je suis une lectrice assidue depuis plusieurs semaines et j’apprécie les conseils, informations et aussi la qualité des articles.
    Personnellement j’ai utilisé cette méthode surtout basée sur une nutrition adaptée que je me permets de partager car elle peut aider d’autres personnes au quotidien.
    http://bit.ly/34i4E1w
    Encore merci pour vos articles.
    A très bientôt.

  2. AUDOYNAUD

    Bonjour Madame, merci beaucoup pour vos informations. Depuis que je suis petite j’ai de très gros problèmes digestifs avec une bouche extrêmement sèche et un goût permanent anormal et une langue blanche, puis vers l’âge de 19 ans des glaires de gorge apparaissent, je consulte un ORL qui décide de me redresser la cloison nasale, au passage il rabote les cornets, et à partir de ce moment là, on met tout sur le compte de la « rhinite atrophique », en effet la muqueuse du nez s’est atrophiée à tel point que je n’ai plus les cils vibratiles. Ainsi les glaires de gorge se bloquent dans le nez, il faut pour loes « décrocher » des pipettes sérum chaque jour. On m’envoie en cure thermale ORL, le soufre très puissant de Luchon, me rend malade, à me créer des crises d’étouffements! Cela ne fait rien, tout va très bien!!! Récemment une ORL m’envoie chez un gastro qui me dit « pour les glaires, voyez un ORL »!!! Le désastre, je sais moi que mes glaires sont d’origine « DIGESTIVE ». Analysées style ORL, elles n’ont rien révélé d’infectieux. Je suis dans l’état de la journaliste Dora Moutot, les glaires très épaisses, en continu depuis maintenant 50 ans, collantes mais très claires , hyper invalidantes en plus!! Je gratte sur la toile, et je découvre votre doctoresse australienne et son représentant français Dr Donatini. Je vais à côté de chez moi, à Périgueux , pour voir une de ses adeptes en juin 2019. Test H2 très positif, diagnostic: dysbiose sévère, elle me place sous régime antiFODMAPS que je suivais d’ailleurs naturellement, résultat en 5 mois, je perds 8 à 10kg!! Alors que je n’en avais nullement besoin, pesant alors 63 kg pour presque 1m80!! En fait j’ai seulement supprimé le miel que j’avalais 1kg par mois et les petits gâteaux secs trempés dans le café, c’est tout!! Je continue ce régime qui ne me gêne guère, sans sucre ajouté, sans gluten, sans lactase, je fais tout moi-même y compris les gâteaux que je ne sucre pas, aucun résultat, je suis en très mauvais état, avec nausées, je jeûne naturellement du fait des nausées, donc je maigris encore, et, au passage , me paye des malaises dus à trop peu de nourriture et j’ai TOUTES les caractérisques si gênantes de Dora Moutot. Mon idée c’est que, de naissance il me manque un élément voire plusieurs, je pense à une hypoacidité , je ne supporte pas les pommes de terre et aucune éructation au test du bicarbonate à jeun. Je ne prends aucun médicament depuis bien longtemps ayant malheureusement été placée sous antiacides durant 15 ans car j’ai des remontées acides mesurées par une sonde, mais sans aucune brûlure! Je mange le soir une soupe FAITE PAR MOI-MÊME, je me réveille le lendemain avec une langue pâteuse blanche de malade comme si j’avais « bouffé et bu genre Gargantua ». Qui peut m’expliquer? Merci de me lire. Bien à vous. Mademoiselle A.

    1. Julie Delorme

      Bonjour,

      Le Dr Donatini n’est pas le représentant français du Dr Sue Shepherd. Dr Sue Shepherd a mis en place la méthode FODMAPs. Le seul lien entre les deux est que le Dr Donatini prescrit souvent le régime pauvre en FODMAPs et a écrit des livres sur le sujet mais il n’a pas été formé par les australiens.
      Concernant les tests respiratoires : ceux pratiqués par les disciples de Donatini sont souvent différents de ceux pratiqués selon les standards internationaux comme ça pourrait l’être dans un CHU.
      Un même type d’aliment (ex: un fruit ou un biscuit) qu’il soit pauvre ou riche en FODMAPs, ne change pas la teneur en calories. Donc ce qui vous a fait perdre du poids est d’avoir diminué votre apport calorique total. Or 1kg de miel et des biscuits quotidien ça représente pas mal de calories.
      Votre alimentation est bien plus stricte qu’un régime FODMAPs, avec, en plus de la perte de poids, le risque de carences alimentaires de frustrations et de perte de plaisir que cela comporte.
      Des pbs ORL et la langue blanche peuvent être liés à des pbs digestifs, des intolérances alimentaires ou une sur-fermentation comme le SIBO (mais pas que).
      S’ils sont liés à des pbs gastriques, votre médecin peut vérifier la présence de reflux en vous prescrivant un examen de pHmétrie.(Je ne vois, en revanche, pas le rapport entre les pommes de terre et une hypo ou hyper acidité.)
      Etant donné que vous perdez du poids, je vous conseille de consulter un médecin (un nouveau médecin si ceux que vous avez consultés ne vous conviennent pas).
      Et, si vous avez envie qu’on approfondisse sur l’alimentation, dans le but de préciser vos intolérances alimentaires et de vous aider à reprendre du poids, le mieux serait d’en discuter ensemble lors d’une consultation diététique. Dans ce cas, vous pouvez accéder à mon agenda en ligne sur ce site.

      Bon courage

      Cordialement,

      Julie Delorme

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