Les peurs profondes derrière les peurs d’avoir des symptômes

Quand on vit avec le syndrome de l’intestin irritable, on croit souvent que notre souffrance vient uniquement des symptômes digestifs.

Mais en réalité, derrière la « peur des symptômes » se cachent souvent deux peurs beaucoup plus profondes.

Les deux grandes peurs profondes :

1/ La peur de souffrir physiquement et de mourir

Cette peur est naturelle, logique et universelle. Chaque être humain y est confronté.

La bonne nouvelle est que le SII n’augmente pas le risque de développer une maladie grave. 

2/ La peur d’avoir honte

Elle est naturelle aussi.

En fait, elle correspond à la peur plus profonde d’être rejeté·e, séparé·e des autres (seul·e) et donc de ne pas être aimé·e.

Elle est influencée par :

  • notre nature humaine (cf. notre besoin universel d’appartenance),
  • notre société actuelle (cf. les injonctions : « je dois être beau/belle, jeune, en bonne santé, zen, intelligent·e, sensible mais pas trop »),
  • notre histoire personnelle : si vous avez été valorisé·e principalement sur vos réussites et/ou jugé·e, dévalorisé·e, critiqué·e, voire harcelé·e dans votre vie. 

Selon son intensité, elle peut nécessiter d’être explorée et apaisée. 

Cela peut être particulièrement le cas :

  • si cette peur génère trop de souffrances,
  • et/ou si vous remarquez davantage de symptômes et un impact plus fort quand vous êtes entouré·e d’autres personnes, comparé à quand vous êtes seul·e,
  • et/ou si vous ressentez une grande excitation à chaque tentative de traitement ou de régime d’éviction (facteurs externes), suivie d’un sentiment d’incompétence ou d’estime de soi brisée à l’apparition d’une nouvelle crise,
  • et/ou si vous sentez que cette peur d’avoir honte touche d’autres sphères. Par exemple : votre apparence physique en lien avec le poids ou l’âge, votre travail au point de vous épuiser (avis à celles et ceux qui ont frôlé ou vécu un burn-out), ou si vous faites passer le bien-être des autres bien avant le vôtre.

Le réflexe de lutte… et ses limites

Face à ces peurs, notre premier réflexe est souvent de chercher à faire disparaître les symptômes, car nous pensons :

« disparition des symptômes = disparition du problème ». Je le sais, car j’y ai cru (ou devrais-je dire, j’ai voulu y croire) pendant des années.

Ça pourrait fonctionner dans un monde idéal. Mais avec une maladie chronique comme le syndrome de l’intestin irritable, il est peu probable de réussir à éradiquer tous les symptômes. Or cette quête du « contrôle parfait du corps et des émotions » peut mener à :

  • des comportements excessifs (trop d’évictions, trop d’évitements de situations, trop de prises de médicaments ou de compléments, tendance à essayer les méthodes miraculeuses ou à avoir des attentes irréalistes),
  • un mal-être croissant : à la fois physique (avec plus de symptômes, cf. l’article sur les boucles gastro-intestinales) et émotionnel – avec l’impression de « ne jamais en faire assez ou ne pas être assez bien ».

 

🌱 Une autre voie : apprendre à s’aimer (ce qui ne veut pas dire « se kiffer »)

S’aimer, ce n’est pas se trouver parfait·e, ni accepter passivement les difficultés.
C’est plutôt :

  • reconnaître vos limitations d’être humain (nous avons TOUS un corps et un cerveau imparfaits… et la vie est belle, mais difficile et parfois injuste),
  • identifier et respecter vos valeurs et les besoins de votre corps et de votre esprit,
  • agir pour prévenir ou atténuer les souffrances que vous pouvez soulager,
  • lâcher prise sur ce que vous ne pouvez pas contrôler. 

👉 Ce chemin mène à :

  • + de paix intérieure et relationnelle,
  • + de motivation à prendre soin de vous (et aussi des autres),
  • une meilleure gestion des difficultés de la vie : symptômes digestifs, variations de poids, effets du vieillissement, accidents ou autres maladies (présentes ou futures), problèmes relationnels, adversités professionnelles et familiales,
  • une vie plus riche et épanouie. 

🎯 Bonne nouvelle : c’est aussi un des axes sur lesquels nous travaillons dans le programme SOINS du SII

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