Comprendre le SII pour mieux agir
Selon les critères internationaux de Rome V, le syndrome de l’intestin irritable (SII), encore parfois appelé colopathie fonctionnelle, fait partie des troubles des interactions intestin-cerveau (DGBI). Il associe notamment douleurs ou inconfort abdominal et troubles du transit intestinal. Ballonnements, diarrhée et/ou constipation peuvent également être présents et avoir un impact important sur la qualité de vie.
Les symptômes sont bien réels : le SII n’est ni « dans la tête », ni simplement une somme d’intolérances alimentaires.
Pourquoi a-t-on un SII ?
l n’existe généralement pas une cause unique. Selon les personnes, différents mécanismes peuvent intervenir : hypersensibilité viscérale, motricité intestinale, microbiote, réponses immunitaires, alimentation, système nerveux et interactions intestin-cerveau. Leur importance peut aussi varier au cours du temps.
Le SII est-il dû au stress ?
Non, le SII n’est pas une manifestation du stress. En revanche, le stress peut moduler ou amplifier les symptômes via les interactions intestin-cerveau. Cette relation fonctionne dans les deux sens : les symptômes digestifs peuvent eux-mêmes devenir une source de stress et d’hypervigilance.
Et l'alimentation ?
Le SII n’est pas une somme d’intolérances alimentaires
De nombreuses personnes constatent que certains aliments déclenchent ou amplifient leurs symptômes. Cela ne signifie pas nécessairement qu’elles sont « intolérantes » à tous ces aliments.
FODMAP, excès de gras, volume des repas ou autres composés alimentaires peuvent influencer les symptômes digestifs.
L’approche pauvre en FODMAP peut être utile chez certaines personnes, mais la phase de restriction doit rester temporaire, suivie de réintroductions méthodiques pour identifier les familles de FODMAP problématiques et d’une personnalisation afin de retrouver l’alimentation la plus diversifiée possible selon ses tolérances.
Formée en Australie dès 2011 auprès de l’équipe à l’origine de l’approche FODMAP, puis certifiée par Monash University, je l’utilise lorsqu’elle est pertinente en recherchant le meilleur équilibre entre confort digestif, santé, diversité et plaisir alimentaire.
La réponse à une approche alimentaire ne dépend d’ailleurs pas uniquement de ce que l’on mange : les recherches récentes soulignent également les interactions possibles entre symptômes digestifs, anxiété digestive, perceptions de la maladie et réponse aux changements alimentaires.
